![]() |
|||||||||||||
| |
|
|
|
|
|
|
|
||||||
|
Mervat fait des ménages dans les quartiers
résidentiels du Caire. Dur labeur, débrouille et dépenses
parcimonieuses. Il est cinq heures, l’heure
de l’appel à la prière. Les haut-parleurs de la mosquée
déversent leurs tonnes de décibels sur al-Zakat, une bourgade
rurale au nord-est du Caire qui, depuis une dizaine d’années,
a été dévorée par la mégapole insatiable.
Pour les croyants, c’est le moment de prier et pour les indigents,
celui de se réveiller en sursaut. Après avoir fait quelques
invocations pour qu’Allah lui accorde une « journée
verte », Mervat réveille sa fille aînée Sanéya.
Elle doit l’aider à préparer le petit-déjeuner
de ses 5 frères et sœurs. Du foul (fèves cuites à
petit feu), arrosé d’un peu d’huile et du pain baladi
(1). Coût total : 3 livres égyptiennes (LE) (2). Aujourd’hui,
c’est même jour de bombance, puisqu’on écrasera
deux œufs durs à 0,25 LE pièce dans le foul et qu’on
pourra compléter le repas par un bout de fromage arich (3) à
1 LE. Si Mervat s’offre ce luxe, c’est parce qu’on est
samedi. Hier, c’était le jour du Seigneur et elle a fait
deux ménages qui lui ont rapporté 60 livres. Lundi et mardi,
c’était par contre la disette, faute de clients. Mervat et
sa famille vivent en-dessous du seuil de pauvreté, fixé
par les institutions internationales à un
|
|
|||||||||||
| |
|||||||||||||
| |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|