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Redéfinir l’espace humanitaire
Par Brigitte Piquard

En 2004, Haïti a été
frappé par un cyclone. Dans la région de Chansolme, Médecins
sans frontières a organisé des cliniques mobiles. Photo:
Dieter Telemans pour MSF
Prolifération d’acteurs,
insécurité croissante, interdiction d’accès,
confusion des genres, réticences des populations locales : face
à ces défis, l’humanitaire doit redéfinir son
espace. Partant de sa propre expérience, académique et de
terrain, mais aussi de 3 ouvrages récents, l’auteure propose
5 lignes directrices afin de mieux « baliser » la réflexion
et l’action.
La complexité des dernières
grandes crises humanitaires a engendré des réponses internationales
qui, au-delà de questionnements géopolitiques et d’élans
de générosité sans précédent, ont risqué
de mettre en péril les principes fondateurs des interventions humanitaires
et en danger les acteurs concernés.
Diverses questions se posent alors : quels types d’actions peuvent
être légitimement menées ? En réponse à
quels besoins, à quelles priorités ? Comment assurer la
sécurité des intervenants ? Comment gérer les promesses
de dons et en assurer la bonne utilisation ? Cette crise de l’humanitaire
interpelle tant les praticiens des actions humanitaires que les observateurs
extérieurs.
Pour certains journalistes ou analystes, il est de bon ton de tirer sur
l’ambulance, de critiquer l’action humanitaire en général,
la surenchère de fonds, de matériel et de volontaires en
particulier. La crise en Asie comme, avant elle, celle de Bam en Iran
ou les conflits d’Afghanistan et d’Irak ramène de plein
fouet aux nouveaux débats qui traversent le monde de l’humanitaire.
La multiplicité des acteurs présents sur le
terrain – populations locales, militaires, organisations transnationales
non-gouvernementales, Etats et associations étatiques, agences
privées parfois commerciales – mais aussi la complexité
des lieux d’interventions – zones de conflit, zones d’instabilité,
zones d’inaccessibilité – remettent en question les
méthodes des interventions humanitaires et les raisons d’intervenir.
Dans les débats parfois très vifs suscités par les
grandes opérations transnationales de secours d’urgence,
la notion d’espace humanitaire est devenue centrale. Il semble évident
que cette notion enveloppe des dimensions diverses, dont le développement
clair et précis devrait permettre de mieux circonscrire ce qu’est
ou doit être la
« nouvelle » action humanitaire, ses enjeux et de baliser
ses modalités d’intervention.
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