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Par Hassen Zenati
L'ombre du terrorisme plane
à nouveau sur l'Egypte. Elle risque de fournir un argument au régime
vieillissant et de mettre un coup d'arrêt aux réformes qui
avaient fait naître l'espoir d'un prochain « printemps »
démocratique sur les bords La déflagration a pris tout le monde par surprise. La sécurité égyptienne en premier, qui se targuait jusque-là de « tenir le pays » comme jamais. En quelques secondes, le 7 avril dernier, la rue Gohar al-Qaed, parallèle au bazar de Khan Khalili, une fourmilière où se croisent des touristes à la recherche de petits cadeaux exotiques et des Egyptiens en quête d'une occupation, s'est vidée de sa foule grouillante et colorée. Plusieurs corps allongés à même l'asphalte et les traces de sang jusqu'au balcon d'un immeuble voisin témoignent de la violence de l'explosion. Bilan : quatre morts – un couple de touristes français, un Américain et l'auteur de l'attentat, un Egyptien – et 18 blessés. Attentat suicide ? Sans doute. Les enquêteurs ont parlé d'un vélomoteur qui aurait servi à transporter le kamikaze sur les lieux. La bombe ? Un engin artisanal, bourré de clous. Trois semaines plus tard, alors que le sang du premier attentat n'avait pas encore séché, deux autres opérations terroristes secouaient le centre du Caire, à deux heures d'intervalle. Dans la première, c'est un jeune, Ihab Yassine, qui se jette d'un pont sur un groupe de touristes traversant la place Abdel Moneim Ryad, derrière le Musée. Il est déchiqueté par la bombe et laisse derrière lui huit blessés, dont quatre étrangers : deux Israéliens, un Suédois et un Italien. Le deuxième survient quelques kilomètres plus loin, dans le quartier de la Citadelle, lorsque deux jeunes femmes mitraillent un bus de touristes, israéliens pour la plupart, à proximité de la mosquée Sayed Aïcha. Plus de peur que de mal parmi les passagers. Devant l'échec de l'opération, une des deux jeunes filles tue l'autre et tourne son arme contre elle. C'est la première fois que des femmes sont impliquées dans des opérations terroristes en Egypte. L'une était la sœur de Ihab et l'autre sa fiancée. Ihab appartenait lui-même au groupe qui avait commis le premier attentat. La boucle est bouclée. La police est convaincue qu'il s'agit d'un nouveau groupuscule émergent et que ce n'est que la partie visible d'un iceberg qui s'étend à plusieurs universités et recrute désormais aussi parmi les femmes. --> Pour lire la suite, commandez le numéro ou abonnez-vous.
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