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Arrivé au pouvoir avec un
programme marqué par la realpolitik, partisan sans état
d’âme d’une riposte militaire après les attentats
du 11 septembre, George Bush use, depuis le début de l’année,
d’un discours qui semble emprunté à l’ancien
président démocrate Jimmy Carter. Comme l’avait fait
avant lui Ronald Reagan, lors de son deuxième mandat, il récupère
les grandes voix de la démocratie et se drape dans les plis ondoyants
de la bannière de la liberté. Contrairement aux prévisions
de leurs farouches adversaires, qui les croyaient mis hors course par
les violences irakiennes, les néo-conservateurs n’auraient
donc pas tout raté. S’ils sont accusés d’imprévision
et d’arrogance à propos de l’Irak, ils ne sont pas
loin d’être vus comme les initiateurs des mouvements démocratiques
qui ont soufflé sur la Géorgie, l’Ukraine et le Kirghizistan
et qui gagnent aujourd’hui la Biélorussie ou certains pays
arabes (dont l’Egypte, voir dossier p 18). Dans ces milieux « libéraux
» acquis à la notion du droit d’ingérence et
à la nécessité de prévenir, par la force s’il
le faut, le retour de la barbarie, le mépris des néo-conservateurs
à l’égard du droit international classique, leur unilatéralisme
et leur théorie de la guerre préventive ont fait mouche.
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