Le genocide armenien


 

 

 




Et si on reprenait à Bush la bannière de la liberté ?

Par Jean-Paul Marthoz


Photo: Anne-Marie Impe

Alors que les attentats se poursuivent en Irak et que tous les sondages indiquent une persistance voire une montée de « l’anti-américanisme », l’administration américaine se voit créditée aujourd’hui des frémissements démocratiques qui agitent le monde, en particulier dans les anciennes républiques soviétiques ou dans les pays arabes. Bush aurait-il eu raison ?

Arrivé au pouvoir avec un programme marqué par la realpolitik, partisan sans état d’âme d’une riposte militaire après les attentats du 11 septembre, George Bush use, depuis le début de l’année, d’un discours qui semble emprunté à l’ancien président démocrate Jimmy Carter. Comme l’avait fait avant lui Ronald Reagan, lors de son deuxième mandat, il récupère les grandes voix de la démocratie et se drape dans les plis ondoyants de la bannière de la liberté. Contrairement aux prévisions de leurs farouches adversaires, qui les croyaient mis hors course par les violences irakiennes, les néo-conservateurs n’auraient donc pas tout raté. S’ils sont accusés d’imprévision et d’arrogance à propos de l’Irak, ils ne sont pas loin d’être vus comme les initiateurs des mouvements démocratiques qui ont soufflé sur la Géorgie, l’Ukraine et le Kirghizistan et qui gagnent aujourd’hui la Biélorussie ou certains pays arabes (dont l’Egypte, voir dossier p 18).

N’en déplaise à l’excellent politologue « libéral » Stanley Hoffmann, qui les qualifiait naguère de « hordes aux idées radicales et farfelues », les néo-conservateurs continuent à semer le trouble en proclamant que tous les peuples méritent la démocratie et la liberté. Et c’est précisément parce qu’ils puisent dans le patrimoine de l’idéalisme wilsonien (Ndlr : du nom du président Woodrow Wilson, inspirateur, après la Première Guerre mondiale, de la Société des Nations) et de l’« internationalisme libéral » qu’ils ont réussi à se rallier les suffrages de personnalités jusque-là ancrées au centre-gauche de l’échiquier politique, comme le chroniqueur Christopher Hitchens – l’auteur du livre pamphlet contre Henry Kissinger – ou le philosophe canadien Michael Ignatieff, aujourd’hui gagné à l’idée d’un « empire américain bienveillant ».

Dans ces milieux « libéraux » acquis à la notion du droit d’ingérence et à la nécessité de prévenir, par la force s’il le faut, le retour de la barbarie, le mépris des néo-conservateurs à l’égard du droit international classique, leur unilatéralisme et leur théorie de la guerre préventive ont fait mouche.

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