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Les villes réputées inaccessibles
ont toujours excité la curiosité des voyageurs. Sans explorer nécessairement ces lieux clos et hermétiques
dans lesquels l’étranger n’est pas ou rarement admis,
le voyage semble intimement lié à la notion de transgression,
d’exploration de l’interdit. Sans doute est-ce même
là l’essence du voyage. Voyager, en effet, c’est voir,
découvrir le monde (qu’il soit lointain ou tout proche) et
ce voyage implique à la fois un déplacement (physique, le
plus souvent, mais il peut n’être que mental) et une révélation
ou, du moins, la possibilité d’une révélation.
Ce déplacement – question de distance, parfois – est
donc avant tout affaire d’esprit et de frontière : pour voyager,
il faut franchir une frontière (réelle ou imaginaire) et
entrer dans un espace ou dans un lieu que l’on veut considérer
comme neuf, méconnu ou à observer sous un angle inédit.
Rares sont en effet les écrivains-voyageurs qui acceptent de voir
puis de relater ce que d’autres auraient déjà décrit
avant eux.
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