Le genocide armenien


 

 

 




Voyages littéraires au cœur de quelques cités interdites

Par Olivier Hambursin

Les villes réputées inaccessibles ont toujours excité la curiosité des voyageurs.
Trois écrivains – René Caillié, Alexandra David-Néel et Philippe Meyer – nous invitent à interroger avec eux l’attrait de l’interdit.

Sans explorer nécessairement ces lieux clos et hermétiques dans lesquels l’étranger n’est pas ou rarement admis, le voyage semble intimement lié à la notion de transgression, d’exploration de l’interdit. Sans doute est-ce même là l’essence du voyage. Voyager, en effet, c’est voir, découvrir le monde (qu’il soit lointain ou tout proche) et ce voyage implique à la fois un déplacement (physique, le plus souvent, mais il peut n’être que mental) et une révélation ou, du moins, la possibilité d’une révélation. Ce déplacement – question de distance, parfois – est donc avant tout affaire d’esprit et de frontière : pour voyager, il faut franchir une frontière (réelle ou imaginaire) et entrer dans un espace ou dans un lieu que l’on veut considérer comme neuf, méconnu ou à observer sous un angle inédit. Rares sont en effet les écrivains-voyageurs qui acceptent de voir puis de relater ce que d’autres auraient déjà décrit avant eux.
Le voyageur entend donc ne pas se limiter aux apparences, aller au-delà. Cette attitude explique sans doute pourquoi les termes de secret, de cœur, de clé appartiennent au lexique courant du voyage. La citation de Simone de Beauvoir à propos d’une grande ville américaine est éloquente : « Nous ne voulons pas que New Orleans nous échappe ; nous ne voulons pas que le secret de ses nuits demeure caché; « On voudrait pénétrer plus avant dans son cœur ».



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