Le genocide armenien


 

 

 




Et si on revivifiait le personnalisme ?

Par Marcel Bolle De Bal

Emmanuel Mounier, dont on célèbre cette année le centenaire de la naissance, a tenté de tracer une troisième voie entre le capitalisme sauvage et le socialisme totalitaire. Fondateur de la revue Esprit et du mouvement personnaliste, il souhaitait remettre la personne au cœur des préoccupations politiques et sociales. A l’aube de ce nouveau millénaire, marqué par la faillite des idéologies et le manque de repères, le néo-personnalisme pluraliste que propose le professeur Marcel Bolle De Bal semble promis à un bel avenir. Découverte.

Le 14 décembre dernier était dédicacée et inaugurée une salle « Emmanuel Mounier » au sein du Lycée Français de Bruxelles, à Uccle, là où cette éminente personnalité a enseigné à la fin des années 30. Le mérite de cette initiative revient à la nièce du philosophe, Claire Seguy-Parisel. Cette manifestation s’inscrivait comme l’une des premières d’une longue série de réunions programmées en Belgique et en Europe pour célébrer le 100 e anniversaire de la naissance du fondateur – marié en Belgique et qui y a vécu plusieurs années dans l’entre-deux-guerres – du mouvement personnaliste. Ce mouvement, qui a connu son heure de gloire au milieu du siècle passé – avec notamment la création de la revue Esprit en 1932 – a depuis lors fait l’objet de contestations et critiques diverses, à la fois sur les plans philosophique et politique. En particulier, le personnalisme a été rejeté dans les milieux laïques, car stigmatisé comme fondamentalement catholique et clérical. Pour maints intellectuels et plusieurs responsables politiques (y compris certains relevant de la mouvance chrétienne), il est considéré comme ringard, voire compromettant. Personnellement, je suis convaincu qu’il ne mérite point un tel opprobre et que, au contraire, il peut – il devrait – apparaître comme un mouvement philosophique et politique d’avenir. Mais, pour cela, nous devrions, me semble-t-il, nous attacher à le revivifier, c’est-à-dire, selon le Robert, à « lui donner une nouvelle vie ». Et ce, ajouterai-je, en œuvrant dans quatre directions au moins : son élargissement, sa « déconfessionnalisation », sa « dépersonnalitisation », sa rénovation. Thèse que je me propose de développer succinctement dans ces quelques lignes.

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Couverture du dernier numéro de la revue Perso publiée par le CAPP