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Immonde, le monde ?
La responsabilité
de l’information
Par Anne-Marie
Impe
Nous sommes nombreux à rêver d’un monde
meilleur. Or, lorsque nous allumons notre téléviseur ou
notre radio, à l’heure des informations, les mauvaises nouvelles
nous assaillent. D’Irak ou de République démocratique
du Congo, d’Israël ou d’Haïti, de Côte d’Ivoire
ou du Pays basque, l’écrasante majorité des images
diffusées sont celles d’attentats, de famines, de tueries,
d’exactions et de coups d’Etat. Comment dès lors ne
pas se sentir accablés, écoeurés, déprimés
?
Parfois, comme avec le tsunami, qui a frappé les pays riverains
de l’Océan indien le 26 décembre dernier, il peut
sembler relativement aisé de savoir comment aider, à court
terme, les sinistrés. Et dans ce cas, les citoyens répondent
avec générosité. Mais la plupart du temps, nous nous
sentons impuissants face à ce qui se passe sur la terre. Aggravé
par la globalisation et l’éloignement des centres de décision,
ce sentiment peut conduire au repli autiste sur sa Culture, sa Nation,
voire son Clan.
Les journaux télévisés ont leur part de responsabilité
dans cet état d’esprit. En mettant l’accent sur la
face la plus sombre de la réalité, ils en donnent souvent
une image tronquée. Concentrés d’instantanés
sanglants livrés à l’état brut, ils provoquent
le rejet plutôt que l’empathie par rapport aux populations
et pays présentés. Et laissent le téléspectateur
désemparé.
C’est pourquoi Enjeux internationaux comme d’autres
médias se préoccupent de réhabiliter la mise en contexte
et l’explication des événements, la construction de
repères et une information qui fasse sens. N’est-il pas indispensable
de mieux comprendre le monde pour mieux agir ?
A partir de ce numéro, trois nouvelles rubriques viennent renforcer
ce projet éditorial.
La première se nomme « Résistances ». S’il
faut, en effet, parler des crises et des drames qui secouent la planète,
la couverture de l’actualité devrait aussi, nous semble-t-il,
consacrer une place plus importante aux solutions mises en œuvre
pour répondre aux problèmes locaux ou globaux ; aux solidarités
qui se créent; aux femmes et aux hommes qui luttent au quotidien
pour que le monde tourne un peu plus rond. Et qui nous montrent que c’est
possible. « Résistances » présentera leurs initiatives,
parcours ou portraits. Sans niaiserie ni moralisme.
« Ca s’est passé loin de chez vous et ça vous
concerne » est la deuxième nouvelle rubrique proposée.
Son nom résume à lui seul le programme qu’elle s’est
assigné : repenser le concept de proximité. Montrer à
quel point les divers événements qui se produisent à
l’autre bout de la planète nous concernent et nous touchent
parfois davantage dans notre vie quotidienne que ce qui se passe dans
notre voisinage immédiat. Intime liaison du local et du global
Enfin, la troisième nouvelle rubrique, « l’Afrique
et le monde », voudrait mettre en lumière un continent trop
souvent marginalisé ou caricaturé. Elle offrira, au fil
des numéros, les analyses d’éminents spécialistes
qui exploreront les rapports de l’Afrique avec le reste du monde,
les stratégies dont elle est l’enjeu et les différents
acteurs qui interfèrent dans son devenir.
Trois nouvelles rubriques contre la sinistrose ambiante, le repli frileux
et pour la construction d’une citoyenneté globale et solidaire.
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