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Une passion africaine au bord du Tibre. Miracles à
Sant'Egidio?
Par Philippe
Leymarie

Guatemala,
1996. Sant'Egidio facilite des rencontres directes entre les mouvements
rebelles du pays et la présidence. (Photographie: Marco Pavani)
Voulant prouver que « l’Afrique
n’est pas seulement un continent d’injustices et de mort »,
la Communauté Sant’Egidio – avec ses partenaires de
la Commune de Rome, des grandes centrales syndicales et d’institutions
internationales comme la FAO – a organisé pour la première
fois à la mi-avril, dans la capitale italienne, une grande manifestation
baptisée « Italie Afrique 2004 ». Dans un contexte
d’anniversaires contrastés – les dix ans du génocide
au Rwanda, mais aussi de la libération de Nelson Mandela en Afrique
du Sud – , et sur fond de crises redoublées en Côte-d’Ivoire
ou dans le Darfour soudanais, l’objectif était de montrer
que « le destin de l’Afrique dépend aussi de nous…
et le nôtre aussi de l’Afrique ».
« Pour la première fois, explique Mario Giro, responsable
des relations internationales de la Communauté, l’Afrique
était dans la rue à Rome ». Il s’agissait de
fédérer des énergies qui, à Rome comme ailleurs,
dans le domaine de la solidarité, sont éparpillées
– « Comme mille fleurs, mettre tout ensemble, afin d’en
faire un jardin » – , mais aussi d’adresser un «
message fort » en faveur de l’arrêt des ventes d’armes,
de l’effacement de la dette des pays les plus pauvres, de l’accès
gratuit aux médicaments et vaccins…
A ceux qui s’étonnent de cette « passion africaine
», on fait valoir – au siège de cette ONG se voulant
une « communauté ecclésiale internationale »,
installée dans un ancien couvent du Trastevere, un quartier de
Rome désormais très « branché » –
que Sant’Egidio a très largement essaimé sur le continent
noir. Elle y est présente dans 25 pays, avec – comme à
Rome – des écoles de la paix, des soupes populaires, des
visites aux prisonniers, un soutien aux personnes âgées et,
de plus en plus, une action dans le secteur de la santé, notamment
à travers le programme
DREAM, axé sur la lutte contre le sida.
« Nous ne sommes pas allés en Afrique : c’est elle
qui est venue nous chercher à Rome, raconte Marco Impagliazzo,
le président de la Communauté. Les pauvres de la capitale,
surtout étrangers, avec qui nous avons travaillé pendant
vingt ans, nous demandaient aussi ce que devenaient leurs parents et amis,
dans leur pays ».
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