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Et si on recréait des espaces publics ?
Par Jay
Walljasper

Ponte
de Lima, Portugal. (Photographie: Anne-Marie Impe)
Les sociétés occidentales fonctionnent
sur l’individualisme et la consommation de masse.
L’homme est « seul dans la foule », isolé devant
sa TV ou son ordinateur qui, plus que des fenêtres, font écran,
tout en lui donnant l’illusion d’être relié au
monde entier. Les espaces publics sont dévorés par la privatisation
et la commercialisation. Aux Etats-Unis, un mouvement – le «
placemaking » – est né pour reconstruire des lieux
publics d’échanges et de débat..
Une nouvelle façon de concevoir la communauté,
l'environnement, la vie sociale déferle sur l'Amérique du
Nord – et sur le monde. Il s'agit d'un phénomène parti
de la base, dont on entendra plus facilement parler au café du
coin ou dans un comité de quartier que sur CNN ou dans les débats
pour les présidentielles. Son influence, bien qu'encore réduite,
prend pourtant chaque jour de l'ampleur. L’Amérique
qui a, davantage encore que l’Europe, privatisé l’espace,
l’Amérique des « communautés closes »
et des mégacentres commerciaux, se cherche des « points de
rencontre » et de nouvelles agoras.
Certains commencent à considérer cette manière de
penser la vie et la ville comme un mouvement, même si aux yeux de
la plupart, il s'agit plus simplement d'un ensemble d'idées fraîches
et pertinentes qui peuvent nous aider à trouver sens et bonheur
dans notre vie quotidienne. Au cœur de ce phénomène,
on trouve un nombre croissant de personnes qui cherchent avec enthousiasme
des espaces où elles peuvent se retrouver entre voisins, entre
citoyens. Ces gens aspirent à insuffler un nouvel esprit social
à leur quartier, à leur ville. Ils veulent des parcs, des
cafés, des lieux de promenade, des endroits où les jeunes
peuvent se rencontrer, des marchés de petits producteurs agricoles,
des pistes cyclables, des foyers municipaux, des petits commerces, des
transports publics et des aires de jeux en plus grande quantité
et de meilleure qualité.
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